Foire aux Questions

« Attendre un enfant est une occasion unique de pratiquer la pleine conscience, une opportunité unique de vous rendre compte à quel point la pleine conscience et l’ouverture du coeur sont utiles, profondes et pleines de ressources. Elles peuvent vous aider à affronter les défis qui ne vont pas manquer de se présenter au cours des mois si particuliers de votre vie (…) 
Le plus important est de s’autoriser à vivre la maternité en y étant pleinement présent. »
 – Jon Kabat-Zinn

Qu'est-ce que la méditation de pleine conscience et quels sont les grands principes ?

Selon la définition de Jon Kabat-Zinn, la méditation de pleine conscience consiste à diriger notre attention d’une manière particulière, volontairement, instant après instant et sans jugement de valeur. En d’autres termes, c’est une attitude à inviter dans nos vies, qui nous propose d’être plus attentif au moment présent, plus ouvert aux autres et plus bienveillant envers soi et les autres.
Dans la pleine conscience, on a donc bien deux pendants : attiser notre attention pour l’ancrer dans le moment présent et cultiver l’ouverture du cœur.
A travers différentes méditations guidées (balayage corporel, marche méditative, méditation assise,..), l’idée va être de s’entraîner à sortir du mode « faire – résolution de problèmes  » et d’essayer d’entrer dans un mode « être » où on observe « simplement » ce qui se passe en nous : nos sensations physiques, nos émotions, nos pensées.
Ce qui nous permet alors d’acquérir plus de liberté dans nos comportements.
Edel Maex, un psychiatre belge qui est un des précurseurs de la méditation chez nous la résume en trois mots clés qui parlent d’eux-mêmes :  s’arrêter – observer – agir.

Quels sont les bénéfices de la pleine conscience pour les futurs parents ?

De plus en plus d’études scientifiques mettent en évidence les atouts d’une préparation à la naissance par la pleine conscience.
La grossesse est un processus qui impacte considérablement la maman, tant au niveau physiologique qu’émotionnel ou social, ce qui peut avoir un impact négatif sur le bien-être (Alderdice, McNeill, & Lynn, 2013). Des études émettent l’hypothèse que 15 à 25% des femmes souffriront de niveaux d’anxiété ou de dépression élevés durant la grossesse (Alderdice et al., 2013).
Un grand nombre d’éléments de recherche indiquent que le stress et, plus généralement, les troubles de l’humeur vécus pendant la grossesse peuvent nuire au développement du fœtus, augmenter le risque d’accouchement prématuré, d’un faible poids de naissance pour le nouveau-né et d’autres complications liées à la grossesse. L’anxiété, le stress et la dépression anténatales peuvent aussi avoir un effet négatif sur le fonctionnement de la famille et le développement cognitif et affectif futur de l’enfant (Glover, 2014).
Après la naissance, des perturbations de l’humeur peuvent aussi affecter la qualité des interactions parent-enfant et interférer avec le développement cognitif et moteur de l’enfant (Giallo, Cooklin, Wade, D’Esposito, & Nicholson, 2014; Koutra et al., 2013).
Si les liens entre stress, anxiété, dépression et pleine conscience ont été investigués depuis longtemps, ce n’est que très récemment que ces questions de recherche ont été posées dans le contexte de la grossesse. Une étude récente a par exemple montré le lien entre un niveau de pleine conscience élevé durant la grossesse et la diminution des problèmes émotionnels lorsque les enfants avaient 10 mois (van den Heuvel, Johannes, Henrichs, & Van den Bergh, 2015).
Les approches mindfulness ont montré des résultats encourageants sur la baisse de l’anxiété, de l’affect négatif (Vieten & Astin, 2008), de la dépression (Goodman et al., 2014) ainsi que sur la prévention de la rechute dépressive (Dimidjian et al., 2015).
Une recherche publiée en mai 2017 (Duncan, Cohn, Chao et al., 2017) suggère que ce type de préparation, qui vise notamment à se relier autrement à la douleur et à la peur de l’accouchement, peut conduire à de nombreux bienfaits au moment de l’accouchement et du post-partum (moins de dépressions post-partum, plus de lien avec le bébé).
Les approche basées sur la pleine conscience, de par leur validation scientifique et leur dimension holistique et participative (Santorelli, 2010) apparaissent donc comme prometteuses tant pour le bien être des futurs parents que pour les relations parents-enfants (Duncan, Coatsworth, & Greenberg, 2009).
Ce qui importe cependant n’est pas d’attacher trop d’importance aux résultats immédiats, ni même à ce que l’on voit, car il faut du temps et beaucoup de pratique pour initier des changements, même minimes, à des habitudes que nous avons en nous depuis 20 ou 30 ans.
De plus, dès que nous changeons notre manière de voir le monde et d’entrer en relation avec notre enfant, notre conjoint, notre entourage, ils deviennent de facto des maîtres, des occasions de pratique puisque nous serons plus à même de recevoir tout ce qu’ils ont à nous apprendre. 

Comment se déroulent les préparations à la naissance basés sur la pleine conscience ?

Nous avons deux types de préparation différentes : cycles de neuf semaines et ateliers de deux jours.
​La plupart des préparations à la naissance se concentrent sur la grossesse et l’accouchement et négligent le post-partum, ce qui fait que beaucoup de parents se sentent démunis en rentrant à la maison avec leur nouveau-né et tous les changements qui se dessinent.
Lorsque l’on attend un enfant, la tendance naturelle est de se projeter dans le futur, emplis de rêves, d’envies et d’angoisses. Les préparatifs logistiques prennent également beaucoup de place. Au moment de l’accouchement, le plus grand défi est d’apprendre à apprivoiser les sensations intenses et tous les sentiments qui nous traversent, (stress, impuissance, angoisse, peur,…).
Quant au retour à la maison, il représente pour nombre de parents, au-delà de l’immense joie de prendre soin de son nouveau-né, une source de stress et apporte son lot de changements auxquels chacun devra s’adapter. Les rythmes changent, la fatigue s’accumule, de nouvelles responsabilités sont là. Et on se sent parfois bien démunis, sans possibilité de faire machine arrière.

Nos programmes sont fortement basés sur le programme MBCP (Mindfulness-Based Childbirth and Parenting – naissance et parentalité en pleine conscience) créé par Nancy Bardacke et son équipe, auprès de qui notre équipe est formée.

Quand peut-on s'inscrire ? Peut-on venir accompagnée ?

Les futures mamans (et leur partenaire) sont attendues dans la seconde moitié de la grossesse, mais des exceptions sont possibles pour participer à partir de 3 mois de grossesse (en cas de stress, d’anxiété ou si vous pensez avoir besoin de plus de temps pour vous préparer).
Si la future maman est en couple et que son/sa partenaire* est impliqué/e et intéressé/e par, ou en tous cas pas réticent/e à la pleine conscience, nous recommandons sa présence car la préparation ne concerne pas uniquement la grossesse, l’accouchement mais bien le fait de devenir parents et elle s’étend à notre vie de tous les jours.
Conformément à ce que Nancy Bardacke préconise, nous demandons si possible au partenaire d’assister au moins à la première séance afin de se faire une idée plus claire de ce que nous proposons, spécialement s’il n’est pas convaincu.

* Par partenaire, nous entendons toute personne sur laquelle la maman pourra s’appuyer durant sa grossesse (doula, conjoint-e, ami-e, membre de la famille) En effet, par choix ou en raison des circonstances de la vie, de nombreuses femmes abordent leur grossesse sans le père biologique de l’enfant à naître.

La grossesse est-elle un moment idéal pour débuter la pratique de la pleine conscience ? Pourquoi ?

La grossesse est un moment où il peut nous arriver de douter de nous-même, on se pose plein de questions sur l’accouchement, les premiers mois, on réfléchit à ce que l’on va transmettre à la génération suivante. Par ailleurs, en vue de se préparer au mieux à la venue de l’enfant, certains parents, certaines mamans surtout, se mettent un max de pression et ont des to-do list interminables. La pleine conscience peut vraiment être une alliée pour trouver un chemin d’apaisement et de confiance dans ce processus.
Mais en vérité, tous les moments sont bons pour commencer à méditer. Notre conseil serait en tous cas de ne surtout pas attendre d’aller mal ou d’en avoir « besoin » pour commencer, car on risque alors soit de ne pas trouver la force, soit d’être déçu.e vu nos attentes importantes de résultats. On dit souvent que c’est important d’avoir tissé son parachute et appris à l’utiliser avant de devoir sauter de l’avion 😉

Est-ce que vos préparations sont réservées / destinées aux personnes qui souhaitent un accouchement plus naturel ?

Pas du tout ! Nos préparations sont ouvertes à tout le monde, que l’on soit déjà parents, convaincus de ses choix, informés ou pas.  La préparation vous donnera des outils, de l’information et visera surtout à vous donner confiance en toutes les ressources qui se trouvent déjà en vous.
Les liens corps-esprit sont nombreux, et l’entraînement à la pleine conscience peut nous aider à les mettre en lumière. Dans le balayage corporel (un des exercices phares du programme) par exemple, la proposition est de porter attention à toutes les zones de notre corps de manière systématique, sans rien chercher à atteindre. Ce faisant, on va prendre conscience de sensations auxquelles on ne faisait pas attention, on va peut-être se rendre compte qu’on est beaucoup trop fatiguée, cela nous aidera peut-être à plus prendre soin de nous.

Pratiquer la pleine conscience ne garantit pas un accouchement rapide et sans douleur, mais les outils proposés par la pleine conscience nous permettent de nous relier de manière non habituelle à ce qui se passe et à nous ancrer dans le présent en nous connectant à nos sensations physiques. Même lorsqu’elle sont intenses, comme pendant un accouchement par exemple. C’est une des clés pour poser des choix en conscience.
On peut bien entendu se faire aider par la médecine si nécessaire, mais en choisissant vraiment, en étant acteurs de la naissance de son bébé et connectés à lui, ce qui change tout.

Et après, on continue ?

Evidemment, parce qu’on y a pris goût ! Sans blague, beaucoup de parents nous disent que la pleine conscience les aide beaucoup au moment du post-partum, pour se relier de manière plus apaisée à son bébé, demander de l’aide si on en a besoin,..

Ce n’est plus forcément à ce moment-là un entraînement formel (assise sur le coussin) mais plus on aura pratiqué avant (tissé son parachute), plus de nouveaux automatismes seront mis en place et nous permettront par exemple de porter attention à tout ce qui va bien au milieu du chaos, de guetter et plonger pleinement dans un sourire malgré les lessives et les couches, de marcher en conscience avec son bébé sur l’épaule pour l’apaiser et nous apaiser en même temps.